Les3M : une fiction mêlée d’archives

Les3M est un film qui mêle fiction et documentaire à travers des séquences d’archives qui s’insèrent dans la narration le plus souvent en tant que sujet d’actualité.
Cette méthode est une technique qui participe au récit, au choix de l’image et fait partie intégrante du montage.

La place de l’archive dans la narration cinématographique dans ce film, est vue comme un échange entre l’histoire que raconte la fiction, et l’archive proprement dite qui a été choisie. Cette archive est un instant d’une réalité passée qui donne une légitimité au récit fictionnel déjà en cours. La fiction et l’archive se rejoignent dans un même espace temporel.

Les séquences d’archives incrustées dans le récit fictionnel sont porteuses de sens, car elles légitiment la portée historique de la fiction en lui donnant une puissance et une complémentarité. C’est une matière qui participe au récit, et qui est plus qu’une illustration. Une caution du réel avec une dimension mémorielle, comme une seconde narration présente à un moment précis pour relancer l’action, la justifier. Ce qui donne cette force à ce momentum est le travail de montage. Ces unités sont montées à un moment clé de la narration principale de la fiction.

Cette réalité dans le film elle est sensée être le présent des personnages, c’est leur actualité. Ces images font partie du choix général que le réalisateur veut montrer au même titre que le décor, le costume, la coiffure, le maquillage. L’archive complète un tout qui est recréé dans une perspective historique. Elle donne une couleur d’époque comme le ferait tout le cadre de la fiction, en lui ajoutant une crédibilité. Elles participent à la teinte de l’image du film.

Dans les3M, l’histoire de ces trois amis est ponctuée par des événements qui sont rythmés par l’actualité de l’époque dans laquelle ils vivent. Et cette actualité, de par leur histoire commune et respective, impacte la progression du récit, de l’action.

Ces images d’archives sont une mise en relief, un récit dans le récit -une image dans l’image ou si l’on veut un écran dans un écran-qui permet au spectateur de suivre les changements d’époque qui sont nombreux. Cette traversée temporelle qui va de 1952 à 2012 se fait d’une façon fluide. Sans compter qu’elle est un catalyseur dans le récit et que les deux narrations, celle des documents filmés d’archives et celle de la fiction se répondent, s’imbriquent, se justifient et participent à l’action.

Cette reconstitution historique est importante, car ces images racontent une autre histoire que le public, surtout jeune, a besoin de connaitre. Et si elles s’imbriquent aussi facilement c’est parce qu’elles font partie de l’imaginaire collectif. Elles sont reconnaissables, identifiables et remettent immédiatement le public dans le contexte. Ce fonds commun est facilement compris par le spectateur, il s’y identifie par son vécu ou parce que ces images sont très connues et qu’elles sont déjà iconiques. Elles fournissent un contexte commun aussi bien aux personnages, qu’aux spectateurs.

La fiction et les images d’archives historiques finissent par former une unité dans la progression narrative.

Source crédit photo: http://archives.ecpad.fr